L’allocation chômage ne se calcule pas à partir du dernier salaire net perçu. Pour un salaire de 1 350 euros net, le montant de l’ARE dépend de la moyenne des rémunérations brutes sur 24 mois, heures supplémentaires et primes comprises. La distinction entre net perçu et brut déclaré change radicalement le résultat final.
Salaire brut de référence pour un net de 1 350 euros : la base du calcul chômage
France Travail ne regarde jamais le salaire net. Le calcul de l’allocation repose sur les rémunérations brutes versées pendant la période de référence. Un salaire net de 1 350 euros correspond, selon le taux de cotisations salariales du secteur privé, à un brut situé aux alentours de 1 730 à 1 760 euros pour un temps plein sans particularité.
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Ce brut de base sert de point de départ. Les heures supplémentaires et les primes viennent s’y ajouter, mais pas de la manière que la plupart des salariés imaginent.
Heures supplémentaires et primes : ce que le SJR intègre vraiment
Le salaire journalier de référence (SJR) constitue la clé de voûte du calcul. Il s’obtient en divisant le total des rémunérations brutes perçues sur les 24 derniers mois par le nombre de jours calendaires de la période de référence (du premier au dernier jour travaillé et payé).
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Les heures supplémentaires sont intégrées au salaire de référence puisqu’elles figurent sur le bulletin de paie en tant que rémunération brute. Les primes de rendement, de 13e mois ou liées à l’activité professionnelle entrent aussi dans le calcul.

En revanche, plusieurs éléments en sont exclus :
- Les indemnités de rupture (indemnité légale ou conventionnelle de licenciement, prime de départ)
- Certaines indemnités de congés payés versées par une caisse de congés professionnelle
- Les remboursements de frais professionnels et les avantages en nature non soumis à cotisations
Un salarié à 1 350 euros net qui perçoit régulièrement 150 euros brut d’heures supplémentaires et une prime annuelle de 13e mois voit son salaire brut de référence mensuel moyen grimper. Mais la méthode de calcul du SJR, basée sur les jours calendaires, lisse ces rémunérations sur toute la période au lieu de les comptabiliser au mois le mois.
L’effet de lissage sur les primes ponctuelles
Un 13e mois versé en décembre, par exemple, se retrouve dilué sur 730 jours calendaires (24 mois). Pour un salarié dont le brut mensuel tourne autour de 1 750 euros, cette prime ajoute environ 2,40 euros par jour au SJR, pas davantage. Les mois avec beaucoup d’heures supplémentaires subissent le même traitement : leur effet est réparti sur l’ensemble de la période de référence.
Ce mécanisme protège contre les baisses brutales, mais limite aussi l’augmentation d’allocation pour les bas salaires avec beaucoup d’heures sup.
Formule de calcul de l’ARE appliquée à un profil à 1 350 euros net
Une fois le SJR déterminé, France Travail applique deux formules et retient la plus avantageuse pour le demandeur d’emploi :
- 40,4 % du SJR + 13,11 euros par jour
- 57 % du SJR
Le résultat ne peut pas dépasser 75 % du SJR ni descendre sous un plancher de 31,97 euros par jour.
Prenons un profil concret. Un salarié percevant 1 350 euros net (environ 1 750 euros brut) chaque mois pendant 24 mois, avec des heures supplémentaires régulières portant son brut moyen à 1 950 euros, accumule un salaire brut total sur la période d’environ 46 800 euros. Le SJR se calcule en divisant cette somme par 730 jours calendaires, soit environ 64 euros.
Première formule : 40,4 % de 64 + 13,11 = environ 39 euros par jour. Deuxième formule : 57 % de 64 = environ 36,5 euros. La première formule l’emporte. Le montant journalier brut de l’ARE avoisine 39 euros, soit autour de 1 170 euros brut par mois (sur 30 jours).
Du brut au net : les retenues sur l’allocation
L’ARE subit des prélèvements sociaux. La CSG (à taux réduit) et la CRDS s’appliquent, à condition que leur prélèvement ne fasse pas passer l’allocation nette sous le seuil du montant brut du SMIC journalier. Pour un profil autour de 39 euros brut par jour, le net versé se situe quelques euros en dessous.
Le montant net mensuel perçu pour ce profil tourne donc autour de 1 080 à 1 120 euros, selon les retenues exactes. C’est sensiblement moins que le salaire net de 1 350 euros, et les heures supplémentaires, bien qu’intégrées, n’ont pas compensé autant qu’espéré.

Plafonnement par jour d’affiliation : le piège méconnu des heures sup
Depuis la réforme de février 2023, le calcul du SJR repose sur les jours calendaires entre le premier et le dernier jour travaillé, et non sur les seuls jours travaillés. Cette méthode, introduite par l’Unédic, intègre les week-ends, jours fériés et éventuelles périodes d’inactivité entre deux contrats.
Pour un salarié en CDI sans interruption, la différence reste modérée. Mais pour quelqu’un ayant enchaîné des CDD avec des pauses entre deux contrats, les jours non travaillés diluent fortement le SJR malgré des fiches de paie avec heures supplémentaires élevées.
Le plafonnement par jour d’affiliation signifie aussi qu’accumuler 200 heures supplémentaires sur un seul mois ne gonflera pas l’allocation proportionnellement : le surplus se répartit sur la totalité des jours calendaires de la période.
Durée d’indemnisation chômage avec un salaire de 1 350 euros net
La durée d’indemnisation dépend du nombre de jours travaillés pendant la période de référence, pas du niveau de salaire. Un salarié de moins de 53 ans ayant travaillé en continu sur 24 mois bénéficie d’une durée maximale pouvant atteindre 18 mois dans le cadre des règles actuelles.
Les heures supplémentaires n’allongent pas cette durée. Elles augmentent le nombre d’heures travaillées par semaine, mais la durée d’indemnisation se compte en jours d’affiliation, pas en volume horaire. Un salarié à 35 heures et un salarié à 42 heures avec le même nombre de mois d’emploi obtiennent la même durée de droits.
Pour un salaire net de 1 350 euros avec primes et heures supplémentaires régulières, l’allocation nette mensuelle représente globalement entre 60 et 67 % du dernier salaire net perçu. L’écart provient du lissage du SJR sur les jours calendaires, un mécanisme qui pénalise mécaniquement les profils dont la rémunération fluctue d’un mois à l’autre.

